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Eglise |

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L'église de Briant est en partie romane: le
transept, l'abside et le clocher remontent à la première partie du XIXème siècle.
La nef actuelle a été refaite au XIXème siècle. Elle est placée sous le
vocable de Saint Nazaire.
Historique
Du point de vue étymologique, le nom de Briant
semble dériver d'un nom commun gaulois « Briga » qui désigne la montagne. Le
village de Briant (« brienna », selon Courtépée) pourrait avoir donné son
nom au pays du Brionnais.
Le double vocable de Saint Nazaire et Saint Celse ,
martyrs du Ier siècle, semble indiquer une haute antiquité de la paroisse. L'église
de Briant est entrée dans l'orbite clunisienne en 1103, à la suite d'une
donation d'Ilion de Semur, au prieuré de Marcigny.
Au XIème siècle, les droits seigneuriaux étaient partagés entre la
maison de Semur et celle de la Barge. Au XVIIIème siècle, jean de Tenay,
marquis de saint Christophe y exerçait la haute justice.
Pour
plus de détails : voir journal
communal n°13 (2004)
Description: à l'intérieur.
En entrant dans l'église de Briant, on découvre
une vaste nef de cinq travées, flanquée de deux collatéraux qui se prolongent
par des absidioles semi-circulaires. Dans la partie romane, entourée d'épaisses
murailles, la croisée du transept précède la travée de chœur et l'abside en
hémicycle.
La nef moderne communique avec les collatéraux par
les grandes arcades en plein cintre qui retombent sur de lourds piliers ronds
surmontés de chapiteaux ornés de motifs végétaux. Le voûtement de la nef et
des bas-côtés est de style néo-gothique.
Dans la partie romane, la croisée du transept est délimitée par de
grands arcs brisés à double rouleau et surmontée par une belle coupole
octogonale sur trompes. Le cul-de-four de l'abside, de forme brisée, repose sur
un cordon décoré de perles.
Dans l'abside romane, la lumière
est donnée par trois fenêtres fortement ébrasées.
Description: à l'extérieur.
On distingue aisément la partie
romane de celle reconstruite au XIXème siècle.
Le clocher roman, au-dessus de la coupole, comporte deux niveaux. Le
soubassement carré est percé de quatre petites fenêtres sans ornement. A l'étage
supérieur, chacune des faces est ajourée par deux baies géminées avec une
double voussure en plein cintre retombant sur deux colonnettes médianes. En
haut du clocher et de la façade principale, on peut découvrir, tournées vers
l'ouest, d'étranges sculptures (dragons, entrelacs et têtes humaines).
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Journal
communal n°13 (2004) : NOTRE EGLISE
L'image des églises a sans doute longtemps symbolisé l'attachement
des habitants à leur village, à Briant comme ailleurs. Sur une carte
postale qu'on m'a donnée gentiment et récemment, je lis ceci, qui en
témoigne : " Je vous envoie notre église : sans doute qu'il n'y
en a pas chez vous, car je ne l'ai jamais vue sur les cartes que X...
m'envoie."
Notre église a un passé fort ancien, puisqu'on sait qu'elle existait
déjà en 1103, date à laquelle elle fut donnée par le Seigneur de
Semur à l'abbaye de Cluny, au profit du monastère de Marcigny: elle
date donc probablement de la fin du onzième siècle. Sur plus de 900
ans, beaucoup de travaux se sont forcément imposés: entretien,
réparations, aménagements, transformations. Une question s'est sans
doute posée souvent: à qui revenait la charge de ces travaux ? Qui
était propriétaire et responsable ? Paroisse, commune ou encore
particuliers ? Dans bien des cas, ce ne fut pas très clair ! En voici
quelques exemples.
Quelques mois après les lois révolutionnaires de l'an IV (1796), qui
faisaient de l'église une propriété communale, elle fut vendue à
quatre citoyens de Briant: un Bordat, un Jacquet et deux Mamessier. Ils
la revendirent dès 1797 à une "association" de 143
habitants, pour 432 francs : leur contribution leur donnait droit d'y
placer banc ou chaise pour leur "aizance" personnelle, mais
les obligeait à participer aux frais de réparations. Cette charge
n'allait pas tarder à peser sur eux, trop lourdement: un des premiers
acquéreurs l'avait "dévastée", dit-on. Bien que l'église
soit devenue "propriété privée", la commune allouait
pourtant en 1803 une somme de 475 francs, pour réparations...
Bientôt, l'église ancienne sembla trop petite, avec une seule nef
"en état de délabrement", pour une population nombreuse et
généralement pratiquante, (1026 habitants en 1825 !), : paroisse et
commune se mirent d'accord en 1852 sur un projet d'agrandissement.
Personne ne semble s'être posé alors la question de la propriété du
bâtiment, comme le remarque une notice du Père Ramage à qui on
emprunte ces connaissances . Le projet fut réalisé en 1858. La
paroisse s'était engagée à payer 1555 francs: en réalité, elle dut
verser 4715 francs, comme l'atteste une quittance. Grâce à Dieu, cet
agrandissement laissait subsister le choeur roman et le clocher qui nous
enchantent: combien d'autres églises romanes n'ont pas eu cette chance
!
L'église en partie rebâtie aux frais de la paroisse, de la commune, et
de donateurs sans doute, dont les noms sont inscrits sur les chapiteaux,
pouvait-elle encore être considérée comme la propriété privée des
acheteurs de 1797 ? Cela devait poser un problème le jour où une
nouvelle loi déciderait, au début du vingtième siècle, la
"nationalisation" des biens d'Église ! En effet, à Briant,
le premier mars 1906, celui qui était chargé de l'inventaire, se
heurta à cette affirmation du curé et de son conseil: " cette
église, confisquée une première fois par l'État, a été rachetée
par les habitants : elle est leur propriété ". 27 descendants des
acheteurs firent joindre au dossier cette déclaration: "Nous
soussignés, habitants de Briant...déclarons posséder et vouloir
conserver la propriété indivise de l'église de Briant, comme tenant
ce droit par héritage de nos ascendants-qui l'ont acquis légalement
selon acte du 3 germinal an IX dont nous présentons la copie..."
Faut-il dire que ce droit ne fut heureusement pas reconnu ! S'il l'avait
été, leurs héritiers actuels, sans doute très nombreux et
dispersés, auraient encore la charge des travaux nécessaires ! La loi
de séparation, finalement, a eu cet heureux effet de tirer au clair
beaucoup de situations embrouillées, et de répondre une fois pour
toutes à la question: qui a la propriété des églises antérieures à
1905, et la charge de les entretenir ? Et depuis lors, les choses se
passent plutôt bien , entre gens de bonne volonté.
Ainsi, la commune de Briant se préoccupe de l'entretien habituel,
notamment des toitures ; elle a assuré la pose d'une nouvelle charpente
sur le clocher, et cela nous a valu des images peu ordinaires : une
haute grue soulevant et mettant en place d'une seule pièce tout ce qui
avait été assemblé au sol ! Elle a fait installer un chauffage qui
est le meilleur de ceux que l'on connait ici ou là : puissant et
silencieux ... En ce cas, la paroisse a pu, bien volontiers, participer
aux frais pour environ 40%. En telle autre occasion, quand il s'agissait
du bâtiment et de sa santé, une heureuse coopération a associé les
moyens. Car la Loi n'interdit pas aux communes de recevoir des dons, et
n'interdit pas aux paroisses d'en faire si elles le peuvent !
En janvier 96, le trésorier diocésain, le maire et le pasteur
visitaient ensemble l'intérieur de l'église, et constataient que des
travaux étaient souhaitables, et même nécessaires, en particulier
pour la voûte de mortier sur lattes de la grande nef. Dès lors, il
semblait normal que des réserves paroissiales s'investissent dans un
éventuel chantier, et on le proposait dès cette date aux
"conseillers économiques", tous d'accord. Ce dessein a pu se
réaliser avant que la paroisse de Briant ne perde pratiquement son
autonomie, et on se réjouit de ce dernier acte d'indépendance. Il
aidera peut-être notre village à rejoindre ceux qui sont fiers
d'offrir, aux visiteurs comme aux usagers, des églises dignes d'un long
passé d'attachement à leur beauté. |
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